OPHÉLIE AU BORD DE L'EAU
2021

«Ophélie: symbole poétique éternel ou figure mythique obsolète?» Pour tenter de répondre à cette question, Joe et Mia, deux jeunes universitaires, organisent une rencontre autour du personnage shakespearien. Mais la mort de celle qui les hante finira peut-être par les rattraper...

MAQUETTE :

MAI 2019 

au Lausanne Shakespeare Festival

CRÉATION :

20 NOVEMBRE 2021

au Hik et Nunk Festival à Monthey

TOURNÉE :

21 MAI 2022 | 15H30 et 19H30

au Lausanne Shakespeare Festival

réservations : www.lausanneshakes.com

3 JUILLET 2022 | 16H

au Pollen Festival à Sion

infos: www.pollenfestival.ch

Distribution 

Conception, écriture et jeu:

Lionel Fournier et Sophie de Guérines 

Oeil extérieur:

Pauline Epiney 

Avec le soutien de:

Canton du Valais, Loterie Romande, Fondation suisse des artistes interprètes, TLH-Sierre 

Le projet

OPHÉLIE AU BORD DE L’EAU est une création de 30 minutes autour du personnage d’Ophélie dans Hamlet, qui se joue au bord d’un point d’eau, en extérieur (lac, fontaine, océan,…). Il est né d’une interrogation autour de la figure d’Ophélie.

Qui est-elle, dans la pièce de Shakespeare, et comment son image a été construite et entretenue ensuite par les artistes (peintres, poètes, musiciens) qui l’ont représentée ? Il y a une fascination autour de la mort de cette jeune femme. Une fascination poétique qui a traversé les siècles, jusqu’à la transformer en une unique image figée, que tout le monde connaît : une femme, jeune et pure, couchée dans l’eau au milieu des fleurs avec sa robe flottant autour d’elle.

Joe et Mia, universitaires passionnés, sont tombés sous le charme de ces images, avant de vouloir les interroger. La volonté avec ce projet est d’inviter le public au bord de l’eau, pour découvrir Ophélie dans le cadre naturel de sa mort, et s’interroger avec elle sur le mythe et ce qu’il dit de nous.

En partant de l’histoire de la pièce de Shakespeare, nous invitons le spectateur à découvrir l’Odéon en 1827, le salon de John Everett Millais, ou encore Kate Winslet dans le film de Kenett Branagh, pour finalement proposer une nouvelle interprétation d’Ophélie. La forme du plein air permet de marcher sur les pas de la mort du personnage shakespearien, et de venir dans l’eau, rejoindre Ophélie au milieu des fleurs et ouvrir une nouvelle “voix”.

Note d'intention

Une femme, jeune et pure, devenue une figure, objet de fantasmes des artistes, des poètes, des universitaires… Ophélie est sacrée.

À la lecture du texte d’Hamlet, nous avons tous deux été frappés par ce personnage. Sa conduite est définie par son frère ou son père. Elle est en réaction aux paroles des autres, elle ne s’exprime pas sur ses sentiments et ses états d’âme, il est très difficile de lire en elle. Et lorsqu’elle se fait entendre librement, à la mort de Polonius, les réactions et les discours des personnages qui l’entourent la font passer pour folle. Mystérieuse, elle fascine, trouble les autres personnages. Jusqu'à ce que soit prononcée sa mort, Ophélie n’aura pu librement s’exprimer, et sa « douce folie » deviendra son emblème pour la postérité.

Ce personnage laissant une grande possibilité d’interprétations par ces silences, a été cristallisé dans une image univoque, à partir de représentations typées de la femme, selon une certaine époque. Derrière le mystère, on fait naître un objet de désir. Ophélie est devenue un symbole pour les artistes préraphaélites, les romantiques, et encore aujourd’hui elle peine à sortir de ces représentations fantasmées de belle morte au milieu des fleurs. Si elle a inspiré Rimbaud, Berlioz, Apollinaire, Johnny Hallyday lui a aussi consacré deux chansons dans son album Hamlet Hallyday, et Yoann Bourgeois la met en scène dansant dans l’eau, sublime.

Nous voulons interroger cette image. Pourquoi est-ce qu’on la trouve belle ? Comment un personnage devient un mythe immuable ? Quel est le rôle de l’artiste face à ces représentations ? Avec la forme de la conférence, nous voulons donner à voir ces images aux spectateurs, lui raconter l’histoire d’Ophélie, et l’inviter à réfléchir autour du mythe et des difficultés de s’en détacher.