BATTUE LA TERRE
2022

Deux personnes retournent une dernière fois sur le terrain de jeu qui a si souvent été le leur,

Et elles s’affrontent, se confrontent, se défient, se délient...

Elles tentent surtout de trouver, dans la puissance des corps qui luttent et d’un instant qui se réécrit sans cesse, le courage de se dire au revoir.

Conception et texte:

Lionel Fournier

Jeu:

Chloé Zuferey et Lionel Fournier

Dramaturgie et direction d'acteurs: 

Emmanuel Besnault

Coaching tennis: 

Samuel Favre

Co-production: 

Cie Étéya et Théâtre du Crochetan

Avec le soutien de:

Canton du Valais, Fondation SIS, Maisons Mainou - Fondation Johnny Aubert-Tournier, SSA, à suivre...

Création:

Du 7 au 11 juin 2022 au court de tennis de Malévoz à Monthey

BATTUE LA TERRE est un projet de création théâtrale conçu pour être joué sur un court de tennis.

 

Le texte, écrit par Lionel Fournier, racontera la fin d’une relation amoureuse entre deux personnes passionnées de tennis, qui se retrouvent pour jouer ensemble une dernière fois avant de se quitter. C’est l’occasion de se dire les choses les plus cruelles et les plus douces, de brasser tous les souvenirs et les ressentiments. Et puis de se questionner sur la nature même de l’amour et des relations amoureuses, décortiquer l’attachement, faire face à ses peurs et au vide bientôt créé par la solitude.

 

Avec la volonté de travailler à la frontière de la fiction et de la réalité, les comédien-ne-s joueront réellement au tennis durant le spectacle. Le postulat de la fiction est donc ainsi ramené de manière brute à la réalité.

 

Pour mener à bien ce défi les deux interprètes, Chloé Zufferey et Lionel Fournier, s’entraîneront pendant un an, afin de développer la technique pure (le jeu) et de comprendre les enjeux et les ressorts psychologiques de ce sport.

Il est ici question de parler d’une relation amoureuse, et plus précisément d’une relation amoureuse qui se termine. Et à travers le prisme de cette histoire, se questionner sur les rapports de couple, sur la nature de l’attachement, sur la dépendance et l’indépendance. Comment vivre une relation sans se trahir soi-même? Comment tout donner sans perdre son individualité? Comment avancer avec l’éventualité omniprésente que cette relation à laquelle on donne une très grande importance puisse s’arrêter du jour au lendemain?

 

En plaçant les deux personnages dans cette réalité-là, celle du tennis, une parfaite situation de « face à face » leur est offerte. Une chance de dire tout ce qui n’a jamais été dit, de regarder le déroulé de l’histoire depuis le début, d’être face à l’autre et d’ouvrir son coeur.

 

Jouer ensemble une dernière fois, en sachant que c’est la dernière fois, est pratiquement un acte rituel pour exorciser la peine provoquée par la rupture. Jouer ensemble, oui, mais jouer surtout l’un contre l’autre, et chacun pour soi. À l’image sans doute de ce qu’a trop souvent été leur relation.

 

Ce dispositif, à l’intérieur duquel les interprètes jouent réellement au tennis sans faire semblant, permet de travailler sur plusieurs dualités :

 

1) FICTION ET RÉALITÉ

La barrière entre fiction et réalité se trouve ici réduite. Dans la fiction, les personnages sont sur un court et jouent au tennis. Dans la réalité, les interprètes sont sur un court et jouent au tennis. Cet espace, celui où les deux dimensions se croisent, est ce qui est intéressant ici. Comment cela modifie et agit sur le jeu de l’acteur? Comment la réalité nourrit la fiction et vice versa?

 

2) CORPS ET MOTS

Le corps intensément mis à l’épreuve et les mots qui doivent sortir vont créer des difficultés pour les interprètes. Des espaces de lutte, d’effort, de fatigue, mais aussi de lâcher prise. Cette opposition va forcément avoir une incidence directe sur les émotions, d’où l’intérêt de cette expérimentation.

 

3) JEU ET JEU

D’une part il y a le jeu d’acteur, l’histoire à raconter, l’enjeu de la relation et de la fable. D’autre part il y a le jeu de tennis, le sport, l’enjeu physique et celui des points à gagner. Ces deux enjeux évoluant en même temps, se nourrissant l’un l’autre, permettront la création et le travail d’une tension et d’un « tirer-pousser ».